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 Porte de l'enfer dont les gardiens sont des serviteurs du diable!!

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souh
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MessageSujet: Porte de l'enfer dont les gardiens sont des serviteurs du diable!!   Mer 21 Jan 2009 - 15:59

Salamoun alaikoum,


Voici le témoignage de Abdellah Ouahhabi, réalisateur et producteur de la télévision française (France 2), qui s’est rendu Dimanche dernier, en Palestine.

Pour le Centre Zahra France

"Des Français veulent protéger des Palestiniens de Gaza – Entre El-Arish et Rafah

Départ de Roissy-Charels de Gaulle le dimanche 18 janvier 2008 à 15 heures 10

sur un vol de Egypt Air.

Arrivée au Caire à 20 heures 30. De nouveaux amis que je me suis fait à

l’occasion de cette mission individuelle d’interposition humanitaires ont appelé

leurs amis au Caire et je suis attendu dès l’aéroport. Surprise : ces derniers

sans me connaître ont réservé et payé la nuit d’hôtel. Merci. Mais je sais que

ce n’est pas moi le véritable destinataire : ils voulaient que l’opération

réussisse. Merci pur les Palestiniens.

Le lendemain, dès l’ouverture des bureaux, je suis au Consulat français du Caire

: je donne à savoir que je vais à Gaza et que je vais solliciter la protection

de la France pour moi et pour la famille qui va me recevoir.

Je sui très bien reçu : à certains moments, il fait chaud au cœur de se sentir

Français. Dans la discussion, il se confirme qu’un cessez-le-feu a été

officiellement proclamé, « mais on ne sait jamais… »

Je pars tout de suite en taxi collectif vers El Arich, près de Gaza. Dans le

taxi, on cause.

L’Égypte est un beau pays. Je comprends les amoureux de ce pays. Et ses

habitants sont très chaleureux. On traverse bientôt le Canal de Suez et on longe

un désert de dunes de sable, comme au Sahara. Sauf qu’on passe régulièrement à

des espaces très verts irrigués à des paysages désertiques. Terre millénaire.

Deux ou trois familles de bédouins avec leur dromadaire et leur tente.

Je questionne sur El-Arish. C’est une ville de deux cent mille habitants. Elle a

vécu de 1967 à 1979 sous occupation israélienne. La population en garde des

souvenirs très mitigés au regard de la gestion économique du pays depuis.

Ça me gêne : je suis contre un régime raciste, ethnocratique et théocratique qui

a su traiter avec discernement ses colonisés… en fait une certaine catégorie de

colonisés. Parce que les Palestiniens, selon l’idéologie fondatrice d’Israël,

sont une race inférieure qui doit abandonner sans autre façon ses terres au «

peuple élu ».

Mais la discussion se termine quand on commence à doubler des colonnes de

camions surchargés. Mes compagnons m’expliquent que « ça n’arrête pas » et que «

ça vient du monde entier ». « Mais ça ne passe pas, ou si peu ».

La route dure trois heures 30. À une pause-déjeuner, je croise un groupe de

Turcs.

Va leur parler me conseille mon chauffeur, ce sont des médecins qui reviennent

de Gaza.

- Parlez-vous français ? non ? Do you speak english ? Yes ? très bien. Vous êtes

passés par où ? Qu’avez-vous vu à Gaza ? Quelle est la situation ? Est-ce que

les bombardements, les combats continuent ? Aujourd’hui, peut-on entrer à Gaza

par Rafah ?

Ce que j’apprends est consternant. Les médecins ne parlent pas anglais. Ibrahim,

le porte-parole de l’association humanitaire (Inasani Yardim Vakfi) est ému. Il

sort son appareil photo et me montre des corps déchiquetés ; tu vois, celui-là,

on n’a pas retrouvé le haut de son corps. Et voici sa petite fille, c’est

l’enfant de cinq ans qui a un bandeau sur la tête. Une bombe est tombée sur la

maison que les habitants croyaient solide. Il y avait plusieurs familles – que

des femmes des enfants, des vieillards ou des chefs de famille.
Le médecin, Muhammad, s’anime en turc. Le porte-parole traduit : « oui,

l’hôpital a été bombardé avant-hier ; on a failli y rester. C’était vraiment

délibéré ».

- Et là vous partez ?

- Non, on a laissé des membres de notre groupe. Nous avons constaté que c’est

vrai carnage et que notre aide est insuffisante ; nous rentrons pour demander à

notre association de réunir des fonds pur créer un centre médical, un petit

hôpital pour résoudre le retard médical : il y a trop de patients pour le nombre

de médecins disponibles sur place.

- Et les autorités égyptiennes, elles ne vous ont pas aidé ?

- Nous sommes sortis avec sept malades graves. Nous avions négocié avec l’Arabie

saoudite leur transport par avion vers Djedda
. Ils étaient dans les brancards au

pied de l’avion, puis les autorités égyptiennes sont venues et elles ont

emportés ces blessés graves dans une unité de soin pénitentiaire. C’est

scandaleux. Je ne suis as sûr qu’ils vont être soignés correctement.
Il en a

encore qui pensent à régler des comptes politiques dans un contexte d’extrême

urgence humanitaire.
Brusquement le silence. Il est lourd, palpable.

Je demande à prendre ses photos sur mon ordinateur portable. Merde ! le câble ne

correspond pas. Mais j’en ai un autre. Je cherche. Mon chauffeur me presse : il

faut partir maintenant.

Il me hèle : « tu n’a pas encore bu ton thé ! ». Trop tard, comme le chauffeur,

je sui pressé d’y aller.

J’échange mon adresse mail avec les Turc. Il a promis de me les envoyer… s’il a

le temps.

On part chacun de son côté. L’odeur du sang est déjà la. On est à 140 kilomètres

de El-Arish.

La suite de la route se fait en silence. On croise sans arrêt des ambulances du

SAMU local, toutes sirènes hurlantes. Certaines y vont ; les autres ramène des

blessés dans le hôpitaux environnants. Elles roulent très vite. Isolément.

Parfois en convois.

La mort. L’assassinat en masse. Le crime de guerre délibéré pollue l’atmosphère

intérieure et le paysage. Des idées noires roulent dans ma tête : comment peut

commettre une destruction à visée délibérément démographique quand on se réclame

de la Shoah ?

Je ne veux plus entendre parler de Shoah sans poser la question : estes-vous

sioniste ? Parce que si oui, vous êtes des monstres égaux aux Fascistes et

surtout aux Nazis. Sinon plus, parce que vous, vous avez répété l’irrépétible.

Parce que je croyais l’humanité vaccinée une fois pur toutes.
Arrivée à El-Arsih. Vite un autre taxi vers le passage de Rafah. On m’y attend.

En effet, des mais ont parlé à des amis qui ont parlé à des amis. À Gaza une

femme me téléphone : « s’il vous plaît, ma maison a été bombardée. Je n’ai plus

de quoi faire la cuisine ; achetez-moi un réchaud à gaz. On ne trouve plus rien

chez nous et je n’ai pas de quoi cuisiner pur ma famille. De plus on héberge des

orphelins. »

Cette dame travaillait dans une bibliothèque offerte par la ville de Dunkerque

et par le ministère français de la culture. La bibliothèque est un tas de

décombres. Elle est quand même très heureuse parce que sa famille ne compte pas

de décès. Un coup de chance. J’ose :

- y avait-il des combattants du Hamas chez vous ?

- Vous rigolez ! ils ont arrosé des quartiers entiers. Venez voir par vous-même

et racontez, s’il vous plaît aux Français !

Je ne sais plus quoi dire. Dans ma tête une question : à quoi bon offrir aux

Palestiniens des aéroports, des bibliothèques qu’Israël détruit ? à la limite,

c’est la puissance occupante qui doit répondre devant la communauté

internationale de la sécurité et des structures de vie normale de la population

occupée. En aidant les Palestiniens ne fait-on pas le jeu des criminels de

guerre israéliens au motif que « de toute façon ils ne respectent pas le droit

international ».
Pourquoi ne pas les laisser aller au fond de leur logique

sanguinaire ? Tant qu’à faire, l’aide essentielle pour les Palestiniens ce

serait des armes afin qu’ils puissent imposer la réalisation des résolutions

inappliquées de l’ONU…
Mais le carnage est tel que des être humains normaux ne peuvent pas rester sans

faire de l’humanitaire.

Enfin, je suis devant l’entrée officielle vers Gaza. Un univers dantesque. Un ou

deux kilomètres de camions chargés, de voitures particulières, des ambulances,

des vhicules à plaque d’immatriculation diplomatique.

Les policiers s’évertuent à canaliser le flux : « il faut faire demi-tour ! Non

! Tout de suite ! J’ai dit immédiatement, sinon il va vous en cuire. Allez ! »

Les chauffeurs, une foule de journalistes de tout pays se presse devant un haut

portail noir, comme l’entrée de l’enfer.
Des suppliques, des énervements, un

Australien parle un arabe approximatif ; ses amis attendent derrière lui et

hoche la tête synchrones : « j’ai toutes les autorisations, regardez ! ».


- Non, les Israéliens exigent que vous passiez par le check-point qu’ils

contrôlent, plus loin à trois kilomètres d’ici.

Micheline, une journaliste française qui est là pour un média alternatif sur le

Net, International Solidarity Movement, se tourne vers moi :

- Mais je ne veux pas ! Pourquoi donc les Égyptiens veulent-ils me faire passer

par les fourches caudines de ceux qui ont commis ces crimes ? Je sui Française à

la fin, j’ai le droit de passer par où je veux puisque les papiers sont en

règle. Il n’y a pas de visa pour les Français en Égypte ni en Israël.

Je questionne un Indonésien qui tient une caméra. Il est là depuis dix jours à

faire le pied de grue. On le balade. On lui demande des « autorisations ». Et ça

change chaque fois. Au début c’était celle de son ambassade qui était exigée.

Puis, maintenant, on lui réclame celle de sa chaîne de télévision. Aujourd’hui,

il avait tout, mais il attendu toute l’après-midi.
Il retournera demain : « on

ne sait jamais. C’est totalement irrationnel. Il y a une idée générale : il faut

cacher l’ampleur du carange à l’opinion mondiale. Ça c’est très clair. C’était

clair pendant les bombardements. C’est clair maintenant ».
- Et les Israéliens, ils laissent passer ?

- Non. J’ai vu un confrère saoudien, il a été les voir. Ils ont refusé. Il est

revenu ici.

Je rentre avec l’Indonésien à El-Arish. Tiens, on est dans le même hôtel, sympa

et pas cher (7 euros la nuit). Il prend un thé ; je prends une bière sans

alcool. Il me dit avec un ton résigné : « je ne comprends le rôle des autorités

égyptiennes dans cette affaire. Nous sommes dans un cas d’extrême urgence.

Normalement aucun accord international bilatéral ne tient plus. J’ai entendu

dire qu’il y a eu encore des combats aujourd’hui et des civils touchés. Pauvres

Palestiniens ! ».

Il part rejoindre ses compatriotes. Je retournerai demain à Rafah. Si ça ne

marche pas, je vais aller voir si les Israéliens me laissent passer. Sinon,

j’appelle notre ambassade et j’appelle notre ministère des affaires étrangères :

Monsieur Koucher n’a qu’appeler son homologue au sein du « gouvernement amis de

Monsieur Sarkozy » pour leur demander de respecter les normes international du

droit et aussi les accords bilatéraux. Je ne vois pas pourquoi les Israéliens se

promènent librement chez nous si nous, nous ne pouvons pas aller et venir dans

un territoire qui n’est pas à eux et qu’ils administrent.


Si ça ne se débloque pas, je vais tenter d’autres moyens y compris par la mer.

Qu’ils me tirent dessus. Moi, je considère que la mission humanitaire en cas de

carnage considéré par l’Onu comme un crime de guerre passe avant la

compromission des autorités égyptiennes Et je tiens à mettre mes autorités

nationales, mon gouvernement, mon président devant ses responsabilités : même si

l’interposition n’est plus une urgence, le témoignage l’est toujours.

La conclusion du jour ;

Vus avez été des centaines à déclarer votre sympathie et votre solidarité avec

le peuple martyr palestinien. Vous avez exprimé le désir de venir. Certains

voulaient partir avec moi et n’ont pas eu le temps de faire leurs formalités.

Moi-même je me suis posé la question de l’opportunité de venir quand j’ai

entendu les premiers échos d’un futur cessez-le-feu : à quoi bon une mission

d’interposition dans ce cas ?

Certains m’ont dit : va et témoigne.

D’ici, entre El Arish et Rafah, au regard des efforts que je vois déployer pour

étouffer l’ampleur du carnage pour ne pas dire pour cacher la boucherie, je n’ai

qu’une chose à vous dire : VENEZ NOMBREUX POUR VOIR PAR VOUS-MÊME ET EN PARLER

AUTOUR DE VOUS APRES VOTRE RETOUR.

Ce sera pour vous une expérience inoubliable.

Il est 22heures 48 à El-Arish. À demain".

Abdellah OUAHHABI
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