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 Mehfil zainab de La Courneuve et le réseau khoja mondial

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jafar313
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MessageSujet: Mehfil zainab de La Courneuve et le réseau khoja mondial   Mar 6 Juil 2010 - 17:22

Préambule
Avec Mmes F. Mallison, N. Balbir et F.-N. Delvoye, cette dernière étant
remplacée par M. A. Amiraly en 2006, je démarre le groupe de travail Etudes
gujarati : société, langue et culture, alias Club-Gujarate en 2004. Comme la
majorité des auditeurs libres qui assistent à nos conférences mensuelles
comprend des membres des communautés Bohra, Khoja et Ismaélienne
gujaratiphones, je me propose d’étudier l’une de ces communautés.
Les Khoja de La Courneuve m’ont très volontiers accordé des entretiens
et chaleureusement invité à leurs cérémonies religieuses. Les résultats qui vous
sont ici présentés brièvement proviennent des principaux entretiens menés avec
eux de février à juin 2006, ainsi que d’informations recueillies sur plusieurs sites
Internet de la diaspora khoja.
Je tiens spécialement à remercier Messieurs N. Katchera (Président de la
communauté de La Courneuve), les jeunes animateurs et leaders de celle-ci, A.
Maalik, A. Daya, N. Mamoudhussen, ainsi que M. Abdulmomin, l’Alim qui
officie à La Courneuve
, ainsi que bien d’autres qui m’ont reçu avec beaucoup de
gentillesse et sans qui ce travail eut été impossible.
1. Les Indiens de Madagascar
1. Les migrations du XIXe s.
Au XIXe s., beaucoup d’indiens migrent dans les colonies britanniques
d’Afrique orientale ainsi qu’en moindre nombre dans les îles francophones de
l’Océan indien, dont celles de La Réunion et de Madagascar qui seules nous
concernerons ici 1 . Ces migrants sont majoritairement des travailleurs sous
1 Les îles Maurice et Rodriguez sont cédées aux Britanniques après la défaite de Napoléon à Waterloo au traité
de Paris en 1814.
2
contrat (indentured labour) embauchés pour remplacer les esclaves des
plantations après l’abolition de l’esclavage, 2 et quelques commerçants
indépendants (free passengers), presque tous originaires du Gujarate, en Inde
occidentale.
Image 2 : Carte : Les migrations dans l’Océan Indien
Mentionner : Gujarat, Kathiavar, Kacch, Bombay ; Kenya, Ouganda, Tanzanie
& Zanzibar ; Tulear, Majunga, Tannarive.
Ces commerçants appartiennent le plus souvent à quelques communautés
bien connues en Inde pour leur vocation marchande. Parmi elles, les principales
sont hindoues, comme les Bhatiya, les Lohana, et les Patel, ou musulmanes
sunnites, comme les Surti et les Memons, ou encore elles appartiennent à
différents branches du chiisme, comme les Bohras, les Khoja ismaéliens et les
Khoja duodécimains. Ces trois dernières communautés forment ensemble la
grande majorité des quelques 20 000 Indiens émigrés à Madagascar dont il sera
ici question. Précisons comment elles se situent dans l’Islam.
2. Sunnisme, chiisme, ismaélisme.
Image 3 : Sunnisme et Chiisme et ses subdivisions
Dit simplement, la distinction entre Chiisme et Sunnisme vient d’un
désaccord sur la succession du Prophète (mort en 632 ap. J.C.). Pour les
Sunnites, son successeur est Abû Bakr, beau-père de Muhammad, tandis que
pour les Chiites, c’est le cousin et gendre de Muhammad, Ali, le premier de
leurs Imams, et dont le fils Hussein, sa famille et ses partisans seront massacrés
à Kerbela en 680.
Par la suite, le Chiisme majoritaire, dit duodécimain parce qu’il reconnaît
12 Imams avec Ali et sa descendance, se subdivisa en plusieurs branches. La
plus importante est l’Ismaélisme dite Septain, parce qu’elle est en désaccord sur
la succession du 6ème Imam Ismaël (mort en 765 ap. J.C.). Puis, l’Ismaélisme se
subdivisa encore en plusieurs rameaux, dont ceux des Mustalites et des
Nizarites, auxquels appartiennent, respectivement, les Bohra et les Khoja
ismaéliens indiens (ou Khoja Agakhanistes).
2 L’esclavage est partiellement abolie par les Britanniques en 1833, puis complètement en 1838, et par la France
en 1848.
3
Enfin, vers le milieu du XIXe siècle, une partie de ces Khoja ismaéliens
indiens refusèrent de reconnaître l’autorité de leur chef spirituel, le Prince Aga
Khan (Aga Khan Case, 1866), et se convertirent au Chiisme duodécimain : ce
sont les Khoja duodécimains.3
Pour plus de clarté, à partir de maintenant nous appelons Ismaéliens les Khoja
nizarites adeptes de l’Aga Khan et Khoja ceux d’entre eux qui sont devenus
duodécimains (dit Ithna Aheri).
3. Les migrations de Madagascar en France
Les Indiens émigrés à Madagascar nous sont connus par le travail de R.
Delval, Les Musulmans français d’origine indienne, 1987, et surtout par la
monographie que leur a consacrée S. Blanchy, Karana et Banians, Les
communautés indiennes de Madagascar, 1995. Selon cette dernière, les Indiens
de Madagascar sont 16 000 et représentent de 0,11 à 0,14% de la population
totale de 14,7 millions. Parmi eux, l’ensemble des trois communautés qui nous
intéressent comprend 12 000 à 12 500 membres : les Bohra sont 6 500-7 000, les
Ismaéliens 1500 et les Khoja 4 000. Les autres quelques 1 500 Indiens sont
Sunnites, Hindous et Jaïns.
Image 4. Evaluations démographiques : Bohra, Ismaéliens et Khoja à
Madagascar et à Paris.
La grande majorité de ces Bohra, Ismaéliens et Khoja vont développer des
activités commerciales, allant de la boutique de village au grand commerce
international, peu se lançant dans des cultures de rente extensives ou dans la
petite industrie, telle que la savonnerie. De langue maternelle gujarati ou kacchi,
ils ne se mélangent guère avec la population autochtone, ni entre eux, et tendent
à vivre dans certains quartiers des grandes agglomérations, dont Majunga,
Tuléar et la capitale de Madagascar, Tananarive, où plusieurs font des études
secondaires au Lycée français. Regroupés en communautés locales ou Jamat, ils
construisent des bâtiments communautaires et des mosquées.
Mais des changements de régime politique en 1972 et en 1975, les
troubles qui s’en suivent et les émeutes dont ils sont les victimes encore en 1987,
3 La population mondiale des Ismaéliens Mustalites est de 500 000, dont les Bohra sont 400 000 en Inde et
30 000 au Pakistan ; celle des Ismaéliens Nizarites est estimée à plus de 2 millions, dont les Khoja agakhanistes
seraient 300 000 en Inde et 100 000 au Pakistan, et celle des Khoja duodécimains qui est globalement evaluée à
115 à 120 000. Données tirées de BOIVIN, 1998.
4
les poussent à émigrer en vagues successives, d’abord quelques uns à La
Réunion, puis d’autres plus nombreux en France où ils vont reconstituer leurs
communautés à Paris et dans sa banlieue. D’après la thèse de K. Ashok, La
présence des Indiens du Nord en Île de France, Histoire migratoire, fixation
géographique et organisation sociale, 1997, 1 800-2 000 Bohra, 2 000
Ismaéliens et 850-950 Khoja sont installés en France métropolitaine vers 1994.
Leurs communautés y fondent plusieurs centres communautaires, les Khoja un à
Bagneux et un autre à La Courneuve.
2. La Jamate des Khoja de La Courneuve
Hormis quelques familles de grands commerçants arrivées à Paris après la
seconde guerre mondiale, c’est vers la fin des années 1960 que plusieurs jeunes
Khoja y viennent étudier, et c’est à partir du début des années 1970 qu’ils sont
rejoints par leurs familles ainsi que par nombre d’autres Khoja qui quittent
Madagascar. Ils fondent successivement, en 1975 puis en 1983, plusieurs
associations, et se réunissent pour leurs cérémonies dans différents endroits dans
Paris, dont l’église St Hyppolite (XIIIe ar.). Certains s’installent à La Courneuve
où ils fondent en 1984 L’Association Amicale des Français de Madagascar
(AAFM). Mais c’est en 1994, que les associations peuvent inaugurer, l’une à
Bagneux et l’autre à La Courneuve, les deux centres communautaires qu’elles
ont fait construire grâce à d’importantes donations. Aujourd’hui, la communauté,
ou Jamat de Bagneux compte environ 900 membres et celle de La Courneuve
600.


Les premiers arrivants des années 1970 sont plutôt dépourvus et ont des
débuts difficiles : souvent sans ressources ni qualifications professionnelles leur
permettant de trouver un emploi bien rémunéré, et sans structure communautaire
pour les accueillir, c’est à force de courage et de persévérance qu’ils vont peu à
peu réussir à se faire une situation, le plus souvent assez modeste. Ils
encourageront leurs enfants à étudier, au point qu’aujourd’hui, la situation a bien
changé : la plupart des Khoja, garçons et filles, ont fait des études supérieures et
sont devenus des spécialistes salariés du commerce ou de l’industrie, ou ont
embrassés diverses professions libérales, tandis que seulement quelques uns ont
5
démarré ou repris des activités commerciales, dont certaines sont menées en
rapports avec leurs parents et partenaires restés à Madagascar.
Conformément à ses statuts associatifs, loi 1901, la Jamat de La
Courneuve élit en assemblée générale un président, un secrétaire, un trésorier,
etc. En accord avec les membres du bureau exécutif, le Président nomme les
responsables de plusieurs Comités spécialisés tels que le Comité des jeunes, le
Comité funéraire, le Comité pour l’éducation, etc. qui contribuent à organiser les
activités et les cérémonies de la Jamat.
Le Président entretien les rapports avec les autorités municipales locales
ainsi qu’avec les autres Jamat du monde. Il édicte le règlement intérieur en
conformité avec la Charia, enregistre les naissances, mariages, divorces et décès
des membres, délivre des certificats de bonne conduite, sanctionne les mariages
et les divorces après qu’ils ont été légalement conclus devant les autorités
françaises, participe à des séminaires et réunions communautaires
internationales et supervise l’administration du centre. Il n’a pas de fonction
religieuse particulière, mais engage sur contrat l’Imam résident de la Jamat.
De nationalité malgache, l’Imam actuellement en fonction (ndlr: cheykh moïse abdulmomin) , après une
éducation secondaire dans une école catholique de Madagascar, a suivi des
études religieuses islamiques supérieures en Tanzanie, puis en Iran. De langue
maternelle Gujarati, il parle couramment le malgache et le Français, ainsi que
l’Ourdou, langue de son épouse d’origine pakistanaise.
Il prêche le plus souvent
en Gujarati et en Français, guide les prières, prépare des séminaires ou des
sermons sur certains thèmes, célèbre les cérémonies de vie des membres,
conseille sur l’application des règles de la Charia, assiste aux inaugurations et à
d’autres évènements solennels, etc., tâches qui l’occupent à plein temps.
Comme tous les chiites, les Khoja sont tenus de se choisir un guide
spirituel parmi les Ayatollah vivants. La majorité d’entre eux a choisi
l’Ayatollah Sistani qui réside à Nadjaf, en Irak.
Ils peuvent faire appel à lui pour
résoudre certaines questions, comme par exemple les incompatibilités surgissant
entre la Charia et la loi et les coutumes françaises. L’Ayatollah Sistani est
influent, mais n’exerce directement aucun pouvoir et n’est pas le chef
hiérarchique des Imams des Jamates. Les Khoja s’acquittent en son nom d’une
taxe religieuse volontaire, dite Khums, dont une partie peut financer ses oeuvres
missionnaires, éducatives et caritatives, et une autre partie peut revenir à la
Jamate avec son autorisation.
Nombre de membres participent aux activités et cérémonies de la Jamate
dont ils fréquentent assidûment le Centre, qui est au foyer de la vie


Dernière édition par jafar313 le Mar 6 Juil 2010 - 17:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mehfil zainab de La Courneuve et le réseau khoja mondial   Mar 6 Juil 2010 - 17:23

communautaire. Les principales activités régulières sont de nature religieuse : ce
sont les prières collectives du jeudi, celles du vendredi à laquelle assiste plus
d’une centaine de personnes, y compris des musulmans sunnites, celles du
dimanche matin, ainsi que les classes de medressa du samedi soir. Les prières
sont souvent suivies d’un majalis ou sermon dit par l’Alim. Les fêtes annuelles
sont régies par un calendrier chiite publié pour toutes les Jamates par la
Fédération Mondiale des Khoja Ithan Ashari de Londres. Rythmant l’année, les
principales fêtes sont les anniversaires des naissances et des décès des onze
Imams, du Prophète, de son épouse Khadihja, de la fille du Prophète et épouse
d’Ali, Fatima, et de la soeur d’Ali, Zainab.
Image 7 : Les cénotaphes de la salle de prière de La Courneuve
Le dix du mois de Muharram, le jour Ashura, on commémore le martyr
d’Hussein, fils d’Ali et 3ème Imam, qui fut massacré avec sa famille et ses
partisans à Karbala, Irak, et l’on jeune pendant le mois de Ramadan comme tous
les Musulmans.
Image 8 : Ashura : « Matam », Les leaders (1)
Image 9 : Ashura : Faisant « Matam... » (2)
Image 10 : Ashura : Funérailles d’Hussein (3)
Image 11 : Ashura : Le banquet (4)
Les Khoja n’ont pas conservé de témoignage documentaire sur leurs
ancêtres venus du Sous-continent indien, où ils n’ont pratiquement plus de liens
de parenté. La séparation des sexes est de rigueur dans presque toutes les
activités du Centre, où les femmes circulent normalement en hijab et voilées ;
des espaces distincts leur sont réservés. La communauté est endogame à
quelques exceptions près. Les mariages ne sont plus arrangés autoritairement
comme ils l’étaient autrefois. Les parents peuvent suggérer à leur progéniture
des partenaires matrimoniaux, ou les jeunes prendre l’initiative de se fréquenter
avant de demander leur accord. La jeune génération née en France parle de
moins en moins le Gujarati familial, ne connaît pas le Malgache et trouve plus
intéressant d’apprendre l’Anglais qui est pratiquement devenu la linga franca de
la communauté khoja internationale.
7
3. La diaspora khoja
Après la 2ème guerre mondiale et l’Indépendance de l’Inde, les Jamates
khoja se sont efforcées avec succès d’unifier la communauté khoja dispersée
dans différents territoires coloniaux. En 1946, les délégués des Jamates du
Kenya, d’Ouganda, du Tanganyika et de Zanzibar se réunissent à Dar es-Salam
pour fonder démocratiquement la Federation of Eastern Africa des Jamates
Khoja Ithna Ashari. Le succès de cette fédération est tel qu’en 1961, les Jamates
du Congo, du Rwanda, du Burundi, de Madagascar, de La Réunion, de l’Île
Maurice et de Somalie y adhèrent. La Federation aidera à créer la Bilal Mission,
un organe qui a vocation à répandre le chiisme en Afrique. Puis, en 1964, elle
aidera les Khoja fuyant la Révolution de Zanzibar, et en 1972 les familles khoja
expulsées d’Ouganda par le dictateur Idi Amin. Nombre de ces personnes
déplacées migreront ensuite en Grande Bretagne, au Canada et aux Etats-Unis,
ainsi que dans d’autres pays européens et ailleurs.
Les Khoja émigrés d’Afrique ne tardent pas à refonder des Jamates dans
leurs pays d’accueil, à l’instar de ce qu’ont fait ceux de Madagascar en France.
Ils fondent en 1976 à Londres la World Federation of the Shia Ithna Ashari
Khojas, puis d’autres fédérations régionales. Outre le Conseil régional de
l’Océan Indien (CROI) déjà fondé en 1964, ils fondent en 2004 le North
American Shia Ithna-Asheri Muslim Communities Organisations (NASIMCO)
et en 2005-6, le Council of European Jamates (CoEJ).
Image 12 : Le réseau mondial des Jamates khoja.
Ces fédérations régionales affiliées à la World Federation rassemblent :
• African Fed. : 34 Jamates de 16 pays africains.
• CROI : 17 Jamates de Madagascar, La Réunion, Maurice.
• NASIMCO : 21 Jamates, 10 du Canada, 10 des E.U. et 1 de Trinidad.
• CoEJ : 17 Jamates, 12 d’Angleterre, 2 de Suède, 2 de France, 1
de Suisse.
Il existe également des Jamates au Gujarate, au Kacch, à Bombay et à
Karachi, à Singapour, en Nouvelle Zélande et en Australie ainsi que dans les
Emirats arabes et en Thaïlande. Les Khoja duodécimains sont 40 000 en Inde,
40 000 au Pakistan, 20 000 en Afrique et dans l’Océan Indien, 15 000 en Europe,
8
aux E.U. et au Canada. Ils sont les plus nombreux en Tanzanie (11 000), au
Kenya (3 050), à Madagascar (5 000) et à la Réunion (1 400).
Conclusions
Avec les Bohra et les Ismaéliens, dont ils sont issus, les Khoja se sont
installés à Madagascar où ils ont développé et fait prospérer leurs affaires
pendant quelques générations avant d’être de nouveau incités à migrer en France
pour faire leurs études et échapper aux troubles politiques dont ils furent souvent
les victimes. Après quelques années difficiles, ils ont refondé deux Jamates dans
la banlieue parisienne et construit des centres ou Jamatkhana, qui sont leurs
foyers de sociabilité et lieux de culte communautaires. Tandis que la génération
des premiers arrivant commence à prendre sa retraite, ceux qui les ont suivi et
leurs enfants exercent aujourd’hui des activités professionnelles de hauts
niveaux. Tôt venus de Madagascar ou nés en France, ils ont fait preuve d’une
remarquable capacité d’adaptation à leur nouvel environnement.
Parallèlement, leurs coreligionnaires d’Afrique, eux aussi poussés par des
troubles politiques, émigrèrent en masse dans les pays anglo-saxons et ailleurs
au monde. Partout où ils se sont installés, ils ont, eux aussi, refondé des Jamates.
A l’instar de la Fédération d’Afrique créée en 1946 et du Conseil de l’Océan
Indien créé en 1961, les Jamates de la diaspora ont créé des fédérations
régionales et continentales avec l’aide de la World Federation créée en 1976 à
Londres. En une cinquantaine d’années, les Khoja ont ainsi réussi à construire
un vaste réseau transnational mondialisé comprenant une centaine de Jamates et
se sont investis dans plusieurs opérations internationales d’aide humanitaire.
Tout cela ne va pas non plus sans poser quelques nouveaux problèmes.
Ainsi, il s’avère difficile de transmettre aux jeunes nés et scolarisés en France la
langue maternelle gujarati, dont la possession est l’un des principaux marqueurs
identitaires qui distinguent les Khoja de leurs coreligionnaires chiites venus
d’ailleurs. Faut-il ou non s’ouvrir au monde extérieur sécularisé et laïque , se
demande-t-on ? Quels rapports entretenir avec les institutions de représentation
des Musulmans français, généralement sunnites, avec lesquels on a peu de
contacts ? C’est, certes, l’institution communautaire, la Jamate, qui a permis aux
Khoja de maintenir leur identité ; mais les jeunes continueront-ils à y venir
participer aux cérémonies religieuses ?
Conscients de ces questions, sur lesquelles nous ne pouvons nous attarder
ici, les Khoja n’en regardent pas moins l’avenir avec confiance.

Pierre Lachaier, 09-01-09.
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