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 Le "croissant chiite" s’étend vers l’ouest

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Soudeh
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MessageSujet: Le "croissant chiite" s’étend vers l’ouest   Sam 14 Mar 2009 - 20:29

La rupture des relations entre le Maroc et la République islamique remet sur le tapis la question des liens entre les Arabes et Téhéran, et celle de la place que cette dernière veut se forger dans la région.

Nouvel épisode dans les tensions entre Téhéran et le monde arabe. Le Maroc rompt ses relations diplomatiques avec la République islamique. Une surprise ? Sûrement pas. La décision est semble-t-il mûrement réfléchie. Et dépasse de loin les simples différends d’ordre bilatéral. D’où son importance capitale, au moment où la géopolitique de la région est en pleine phase de mutation. Or, la nouveauté est que cette fois-ci, la tension vient de loin, à savoir du Maghreb, et non des voisins arabes de l’Iran. Pourtant, il ne s’agit que d’une nouveauté de façade. Il s’agit en réalité de sujets enchevêtrés et intimement liés, où il n’est pas uniquement question de proximité géographique. « La menace chiite » dans le monde arabe ne concerne plus seulement le Moyen-Orient ...

En rompant vendredi dernier ses relations diplomatiques avec l’Iran, le ministère marocain des Affaires étrangères a en effet dénoncé l’« activisme avéré des autorités de ce pays, et notamment de sa représentation diplomatique à Rabat, visant à altérer les fondamentaux religieux du royaume (...) et à tenter de menacer l’unicité du culte musulman et le rite malékite sunnite au Maroc ». « Ce type d’actions structurées et soutenues, poursuit le ministère, constitue une ingérence intolérable dans les affaires intérieures du royaume ». Le chef de la diplomatie marocaine, Taiëb Fassi Fihri, s’est en outre étonné que le Maroc ait été « le seul (pays) à avoir été convoqué en la personne de son chargé d’affaires à Téhéran, après avoir exprimé sa solidarité avec Bahreïn ».

Une accusation qui en dit long, d’autant plus que la crise entre Rabat et Téhéran survient à la suite de celle de la République islamique et du Royaume du Bahreïn. Les deux questions sont en effet étroitement liées. Fin février dernier, Rabat avait rappelé pour une semaine son chargé d’affaires par intérim à Téhéran à cause de cette affaire. Et ce, après que Ali Akbar Nateq-Nouri, conseiller du Guide de la Révolution iranienne, l’ayatollah Ali Khamenei, eut déclaré que l’Iran détenait la souveraineté sur le royaume bahreïni. Par la suite, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait adressé au roi de Bahreïn, Hamad bin Issa Al-Khalifa, un message destiné à apaiser les tensions, l’Iran faisant finalement savoir à Bahreïn qu’il respectait sa souveraineté et qu’il ne voulait pas « rouvrir les dossiers du passé » sur ses revendications sur ce royaume à majorité chiite mais gouverné par une dynastie sunnite.

Suite à cette crise, en apparence dissipée, le roi du Maroc, Mohamed VI, a adressé à la mi-février un message au souverain du Bahreïn pour lui faire savoir qu’il le soutenait et a qualifié d’absurdes et contraires aux valeurs de tolérance de l’islam les propos attribués à Nateq-Nouri. Le délai d’une semaine s’étant écoulé après le rappel de son chargé d’affaires et le Maroc n’ayant reçu aucune explication, Rabat a décidé de rompre les relations diplomatiques, parlant d’une « attitude inadmissible, dirigée contre le seul Maroc », de la part de Téhéran dans cette affaire et d’« un activisme avéré » contre « l’unicité du culte musulman et du rite malékite sunnite, dont est garant le roi Mohamed VI ». « Ce type d’actions (...) constitue une ingérence intolérable dans les affaires intérieures du royaume et est contraire aux règles et à la déontologie de l’action diplomatique », précise le communiqué officiel publié sur le site Internet de l’agence officielle Map.

Réponse de Téhéran : « Le ministère iranien des Affaires étrangères exprime sa surprise (...) et insiste sur le fait que les accusations concernant l’intervention dans les affaires intérieures marocaines sont sans fondements et totalement rejetées. La décision marocaine va à l’encontre de l’unité du monde islamique » considérée comme « nécessaire pour défendre le peuple palestinien », affirme un communiqué officiel. Et le ton n’en a pas fini de monter. Samedi, Rabat est monté aux enchères en rejetant « vigoureusement les fondements et les commentaires de la réaction des autorités iraniennes ». Et de lancer : « En faisant référence aux circonstances que traverse actuellement la oumma islamique et en particulier à la question palestinienne, l’Iran fuit ses responsabilités et tente d’élargir un problème strictement bilatéral à des questions dont elle n’a ni le monopole, ni la légitimité exclusive ».

Antagonisme sunnites/chiites

L’affaire dépasse donc de loin une question de revendications territoriales. Elle prend plutôt l’allure d’un antagonisme idéologique entre chiites et sunnites. D’autant plus qu’au Maghreb, le Maroc n’est pas le seul pays à craindre l’influence iranienne. D’aucuns vont jusqu’à parler d’une « offensive chiite » au Maghreb. Auparavant, au Maroc et en Algérie, les autorités ont laissé les représentants officiels des mollahs dialoguer avec des partis politiques (islamistes) et même financer certaines associations religieuses. Cet activisme, peu religieux mais plus politique, n’était pas gênant, tant que les intérêts n’étaient pas touchés. Or, à l’heure qu’il est, les Algériens s’inquiètent de l’apparition de sectes religieuses d’obédience chiite. Les autorités algériennes temporisent et jugent le phénomène sans importance. Mais le phénomène ne se résume pas à l’Algérie, Youssef Al-Qaradawi, mufti du Qatar, a récemment déclaré que des tentatives de pénétration chiite étaient en cours dans tous les pays du Maghreb et il a stigmatisé cette campagne qui tend « à créer la zizanie » dans des pays musulmans exclusivement sunnites. Et, dans un sondage réalisé en février dernier sur la chaîne de télévision Al-Jazeera, 90 % des Arabes considéraient le système politique au pouvoir en Iran comme leur ennemi. Des questions sur l’ingérence en Iraq, au Liban et en Palestine, ainsi que le soutien aux groupes chiites dans les pays arabes, semblent renforcer l’argument selon lequel la République islamique suit un agenda expansionniste et veut répandre la notion du Wélayet Al-Faqih (la suprématie du religieux) dans les pays arabes.

Dangereuse dynamique sectaire

L’affaire va désormais au-delà du fameux « croissant chiite », lequel consisterait en un ensemble de régions à dominante chiite situées de l’Afghanistan à la Méditerranée (Liban), articulé autour de l’Iran. Ce croissant chiite contrôlerait la quasi-totalité des ressources en hydrocarbures. Le terme a été utilisé par le roi Abdallah II de Jordanie en 2004. En effet, c’est à la suite du renversement de Saddam Hussein et de la montée en puissance des chiites en Iraq que la « menace chiite » a été ressentie. Elle a été ensuite accentuée avec la guerre entre le Hezbollah, soutenu par Téhéran, et Israël l’été 2006.

Ainsi la dynamique sectaire conflictuelle touche-t-elle toute la région du Moyen-Orient, de manière d’autant plus dangereuse que cette onde de choc « confessionnelle » entre sunnites et chiites, qui fut d’ailleurs à l’origine de la fitna (la division) au sein de la oumma, recoupe en outre largement une rivalité « ethnique » pluriséculaire entre Arabes et Persans.

La vraie question n’est-elle donc pas celle de l’instrumentalisation des communautés chiites par un Iran en montée de puissance visant à asseoir une hégémonie régionale ? Dans cette logique, le soutien de Téhéran au Hezbollah et au Hamas, parfois contre les gouvernements arabes eux-mêmes, est, semble-t-il, une manière de les « court-circuiter » vis-à-vis de leurs bases populaires.

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