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 La doctrine israélienne du ravage

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mehmet



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MessageSujet: La doctrine israélienne du ravage   Dim 25 Jan 2009 - 17:40

Jonathan Cook, 21 janvier 2009



Dans les derniers jours avant qu'Israël impose un cessez-le-feu unilatéral à Gaza pour éviter d’embarrasser la future administration Obama, ce pays a renforcé son agression, poussant ses troupes plus profondément dans la ville de Gaza, intensifiant ses tirs d'artillerie, entraînant le déplacement de milliers d'autres personnes.

La stratégie militaire d'Israël à Gaza, même dans ce que ses responsables ont appelé l’« acte final, » poursuivait un plan établi lors de la guerre du Liban, il y a plus de deux ans.

À cette époque, en un mois de frappes aériennes intenses, Israël avait détruit une grande partie de l'infrastructure du Liban. Même dans les dernières heures de la guerre, alors que le cessez-le-feu était en cours de finalisation, Israël a lancé plus d'un million de bombes à fragmentation au Sud Liban, apparemment dans l'espoir de rendre la région aussi inhabitable que possible.

De même, la destruction par Israël de la Bande de Gaza s’est poursuivie avec une vigueur acharnée jusqu’au tout dernier moment, même si, selon des articles dans les médias israéliens, l'armée de l'air avait épuisé ce qu'elle appelait sa « collection de cibles du Hamas » dès les premiers jours de combat.

Les militaires ont éludé le problème en élargissant la définition des immeubles affiliés au Hamas. Ou, comme un haut fonctionnaire l’a expliqué : « Il y a de nombreux aspects concernant le Hamas, et nous essayons de les frapper dans leur intégralité, car tous sont liée et tous soutiennent le terrorisme contre Israël. »

Cela a permis d’inclure dans les cibles les mosquées, les universités, la plupart des bâtiments gouvernementaux, les tribunaux, 25 écoles, 20 ambulances et plusieurs hôpitaux, aussi bien que les ponts, les routes, 10 centrales électriques, les égouts, et 1500 usines et 1500, ateliers et magasins.

Les responsables de l'Autorité Palestinienne à Ramallah évaluent les dégâts jusqu’ici à 1,9 milliard de dollars, en faisant remarquer qu’au moins 21.000 immeubles résidentiels ont besoin d’être réparés ou reconstruits, ce qui pousse une fois de plus 100.000 Palestiniens dans des camps de réfugiés. Par ailleurs, 80 pour cent de la totalité de l'infrastructure agricole et des cultures ont été détruits. L'Autorité Palestinienne a précisé que son estimation est « prudente. »

Israël ne regrettera rien de tout cela. En fait, loin d'être des dommages collatéraux malchanceux, la dévastation généralisée était l'objectif implicite de l'offensive. Israël, tout comme les militaires, ont cherché cette politique de neutralisation du Hamas par la destruction généralisée des infrastructures et de l'économie de Gaza.

Cette politique est connue sous le nom de « Doctrine Dahiya, » du nom d'une banlieue de Beyrouth, pratiquement rasée lors de l'attaque d'Israël contre le Liban en été 2006. Cette doctrine a été résumée dans une phrase de Dan Halutz, chef d'état-major d’Israël à l'époque. Il a dit que le bombardement du Liban pourrait le « faire retourner 20 ans en arrière. »

Le commandant du sud d'Israël, Yoav Galant, s’est fait l’écho de ces sentiments le premier jour de l'offensive sur Gaza : l'objectif, a-t-il dit, c’est « d'expédier Gaza à des décennies dans le passé. »

Au-delà de ces petites phrases, Gadi Eisenkot, chef du commandement du nord d'Israël, a clarifié en octobre les aspects pratiques de la stratégie : « Ce qui est arrivé dans le quartier de Dahiya à Beyrouth en 2006 arrivera dans tout village sur lequel Israël tirera. Nous emploierons une force disproportionnée contre eux et nous provoquerons là-bas beaucoup de dommages et de destructions. De notre point de vue ce ne sont pas des villages civils, ce sont des bases militaires. Ce n'est pas une recommandation. C’est un plan. »

Dans l'interview, le général Eisenkot parlait de la prochaine reprise des hostilités contre le Hezbollah. Cependant, cette doctrine a été aussi conçue pour servir dans la Bande de Gaza.

Gabriel Siboni, un colonel de réserve, a exposé le nouveau « concept sécuritaire » dans un article publié par l'Institut des Études sur la Sécurité Nationale de l'Université de Tel Aviv, deux mois avant l’attaque contre Gaza. Les stratégies militaires conventionnelles pour faire la guerre contre les États et les armées, écrivait-il, ne peuvent pas vaincre les mouvements de résistance du socle national, comme le Hezbollah et le Hamas, qui ont des racines profondes dans la population locale.

L'objectif est plutôt d'utiliser la « force disproportionnée, » de façon à « infliger des dommages et de mettre en face d’un châtiment d’une ampleur telle qu’il exigera de longues et coûteuses procédures de reconstruction. »

Le colonel Siboni a reconnu, comme les « décideurs et l'élite au pouvoir, » que la principale cible du déchaînement d’Israël comporte les « intérêts économiques et les centres du pouvoir civil qui soutiennent l’organisation [ennemi]. »

Le colonel Siboni a concédé que, le mieux que puisse espérer Israël contre le Hamas et le Hezbollah, c’est un cessez-le-feu dans des conditions favorables pour Israël, et de repousser la prochaine confrontation en laissant « l'ennemi se démener dans de coûteuses et longues procédures de reconstruction. »

Cependant, dans le cas de la longue reconstruction de Gaza, Israël a dit espérer ne pas répéter les erreurs du Liban. À l’époque, le Hezbollah, avec l'aide de fonds iraniens, a encore renforcé son prestige dans la population locale en avançant rapidement le financement de la reconstruction des maisons libanaises détruites par Israël.

Selon les médias israéliens, le Ministère des Affaires Étrangères a déjà rassemblé un groupe de travail pour « le lendemain, » afin d'assurer que ni le Hamas ni l'Iran n’apportent de crédit pour la reconstruction de Gaza.

Israël veut que toute l’aide soit acheminée par l’intermédiaire de l'Autorité Palestinienne ou d’organismes internationaux. Le bouclage de la Bande de Gaza, pour empêcher la contrebande à travers les tunnels sous la frontière avec l'Egypte, fait partie intégrante de cette stratégie.

À la grande satisfaction d’Israël, la reconstruction de Gaza risque d'être encore plus lente que ce à quoi l'on aurait pu s’attendre.

Les diplomates font remarquer que, même si l’aide occidentale afflue vers l'Autorité Palestinienne, elle aura peu d'effet si Israël maintient le blocus, freine les importations d'acier, de ciment et d'argent.

Et les donateurs internationaux ont déjà signalé être fatigués de financer des projets de construction à Gaza seulement pour les voir détruits par Israël peu de temps après.

La semaine dernière, manifestant bien plus que de l'exaspération, le Ministre des Affaires Étrangères de Norvège, Jonas Gahr Stoere, a résumé l'opinion générale des bailleurs de fonds : « Donnerons-nous encore une fois pour la construction de quelque chose qui est détruit, reconstruit et détruit ? »



Jonathan Cook est écrivain et journaliste à Nazareth en Israël. Son dernier livre est « Disappearing Palestine: Israel's Experiments in Human Despair » (Faire disparaître la Palestine : Les expériences d’Israël dans le désespoir humain) (Zed Books). Son site Internet est www.jcook.net.

Original : www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=11933
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info
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http://lepost.fr/perso/arren
 
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