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 DÉCISION D'ATTAQUER GAZA PRISE ENTRE SIONISTES, dont EGYPTE ET SAOUDIE

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ithviriw
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MessageSujet: DÉCISION D'ATTAQUER GAZA PRISE ENTRE SIONISTES, dont EGYPTE ET SAOUDIE   Ven 23 Jan 2009 - 2:51

THIERRY MEEYSSAN, FONDATEUR DU RÉSEAU VOLTAIRE, AU COURRIER D'ALGÉRIE :

«LA DÉCISION DE L'ATTAQUE A ÉTÉ PRISE EN CONCERTATION AVEC L'ÉGYPTE ET L'ARABIE SAOUDITE»


Condoleezza Rice et Tzipi Livni ont signé vendredi à Washington un accord bilatéral destiné, disent-elles, à empêcher « la contrebande d'armes » vers Ghaza.

Rice a indiqué avoir téléphoné aux ministres des Affaires étrangères britannique, David Miliband, allemand, Frank-Walter Steinmeier et français, Bernard Kouchner, «pour les informer» de sa démarche ajoutant : «Je pense que ces efforts vont être suivis très rapidement par les Européens».

Selon le porte-parole du département d'État, Sean McCormack, Washington s'engage dans ce document à mobiliser des «équipements» pour aider Israël à empêcher « la contrebande ».
Il n'a cependant pas précisé ce que seraient ces équipements, mais il a indiqué que les États-Unis ne déploieraient pas de troupes sur le terrain.

Dans cet entretien accordé au Courrier d' Algérie,Thierry Meyssan (*) revient sur cette offensive acharnée que mène Israël contre la bande de Ghaza.

Courrier d'Algérie :
Dans votre article intitulé “La guerre israélienne est financée par l'Arabie saoudite » vous indiquez que l'attaque israélienne contre Ghaza est une option préparée de longue date.
Que nous faut-il comprendre par '«option»?
Ce serait une option à quoi et mise en oeuvre par qui et dans quel but ?

Thierry Meyssan :
Le régime en place à Tel-Aviv attaque à intervalles plus ou moins réguliers la population palestinienne pour décapiter sa Résistance et la décourager pour plusieurs années.
Cette stratégie, d'abord empirique, a été théorisée par Abba Eban à la fin des années 60.
Celui-ci - qui avait été élevé en Afrique du Sudconsidérait que, pour maintenir l'apartheid en Palestine, il fallait dialoguer avec des autorités politiques palestiniennes tout en faisant la guerre à la société civile palestinienne.
Cette stratégie est parvenue à un certain degré de raffinement avec la création de deux entités politiques palestiniennes, géographiquement distinctes, la Cisjordanie et Ghaza, séparées par un Mur et des check-points, sur le modèle des bantoustans sud-africains.

Dans cette optique, le régime sioniste se prépare en permanence à de nouvelles actions militaires contre la population civile.
L'opération « Plomb durci », quant à elle, a été préparée six mois à l'avance, la pseudo trêve n'ayant été conclue que dans ce but, ainsi que l'a révélé le quotidien israélien Haaretz.
C'est en ce sens que je parle d'une « option ».
Restait à définir le moment propice pour la mettre en oeuvre, aussi bien en termes diplomatiques que politiques.
Courrier d'Algérie : Vous écrivez également qu'Israël a élevé cette agression au rang de cause nationale et religieuse?

Selon les cas, le régime de Tel-Aviv mène ces expéditions punitives contre la population palestinienne avec ou sans avoir recours aux réservistes.
Cette fois, l'ampleur de l'opération supposait la mobilisation de dizaines de milliers d'hommes.
Les autorités ont donc utilisé un langage symbolique pour faire comprendre à leur population juive l'importance de cet effort.
D'où le nom de « plomb durci » qui fait référence à une chanson entonnée pour Hannukka.

Cette fête religieuse célèbre le miracle de l'huile.

Selon La Bible, les juifs chassèrent les Grecs (les Séleucides, héritiers d'Alexandre le Grand) de Palestine.
À l'issue de batailles meurtrières, les soldats juifs rendirent grâce à Dieu dans le temple de Jérusalem, mais ils n'eurent pas le temps de se purifier.

Ils allumèrent une lampe avec de l'huile pour la nuit en pensant revenir le lendemain pour reprendre le rituel.
Or, la lampe brûla durant huit jours, manifestant que Dieu ne leur en tenait pas rigueur, c'est-à-dire qu'Il ne considérait pas que massacrer les Grecs ait rendu les soldats juifs impurs.
En utilisant cette référence, le régime de Tel-Aviv suggère qu'il n'y a rien d'impur à massacrer des Palestiniens et, comme on peut le constater avec effroi, les soldats juifs n'ont pas tardé à mettre ce message en pratique.

Courrier d'Algérie : Vous mentionnez dans ce même article le rôle actif de l'Arabie saoudite et de l'Égypte dans cette offensive.
Peut-on avoir plus de précisions ?

Et quel aurait été l'intérêt de ses deux États à s'impliquer dans des manoeuvres hautement dangereuses et compromettantes ?
La montée en puissance du Hamas pose un problème politique à l'Égypte et à l'Arabie saoudite.

Il s'agit en effet d'un mouvement de libération nationale issu d'un milieu religieux sunnite progressiste et susceptible d'influence dans le reste du monde musulman via les organisations sunnites, actuellement contrôlées par l'Arabie saoudite, et dans une moindre mesure par l'Égypte.

Un succès du Hamas signifierait à court terme une révolution en Égypte, et à moyen terme une autre en Arabie saoudite.


De ce point de vue, la guerre actuelle à Ghaza n'a pas seulement pour but de maintenir l'apartheid en Palestine mais aussi et surtout de maintenir un contrôle réactionnaire et obscurantiste sur l'ensemble de la communauté sunnite; un contrôle qui est exercé dans l'intérêt des Anglo-Saxons et d'Israël par des gouvernements soutenus par eux à bout de bras.

Elle fait apparaître un clivage qui n'a rien à voir avec l'ethnie ou la religion.
Le vrai conflit n'est pas entre juifs et musulmans, entre chiites et sunnites, entre arabes et perses, mais il oppose la liberté et le droit d'un côté, à la domination et à la violence de l'autre.
L'opération « plomb durci » a été planifiée par Tel-Aviv avec ses partenaires de Riyad et du Caire.

Elle se résume ainsi : les forces armées israéliennes, le blocus égyptien et les finances saoudiennes.
À cela s'ajoute le soutien de l'Égypte aux paramilitaires du général Mohamed Dahlan.


Ils sont actuellement 2 500 stationnés près de Rafah (et non 10 000 comme je l'ai précédemment écrit par erreur en comptabilisant des forces égyptiennes).

Ces mercenaires arabes sont prêts à entrer à Ghaza, une fois la résistance au sol maitrisée par les tanks israéliens, pour faire le sale boulot à la place des Israéliens, c'est-à-dire y massacrer les familles du Hamas
Cette opération militaire s'accompagne d'une action diplomatique de l'Égypte et de l'Arabie saoudite pour torpiller les initiatives de la Ligue arabe promues par le Qatar et la Syrie.
Tout cela est certainement difficile à admettre, mais il faut regarder la réalité en face.
Riyad et le Caire ont rejoint le camp sioniste. What a Face

Courrier d'Algérie : Quelles seraient les visées de cette offensive contre la bande de Ghaza pour Israël et les États-Unis ?

Les États-Unis ne sont pas responsables du déclenchement de cette opération.
L'administration Bush finissante n'en avait pas le pouvoir.
Durant la période de transition, elle ne peut qu'expédier les affaires courantes.

Tel-Aviv a placé Washington devant le fait accompli et l'a contraint à suivre en assurant le réapprovisionnement des munitions.
Je le redis : la décision de l'attaque n'a pas été prise en concertation avec les États- Unis, mais avec l'Égypte et l'Arabie saoudite.

Courrier d'Algérie : Quelle appréciation faites vous de l'arsenal utilisé contre la population Ghazaouie ?

Certains observateurs évoquent des raisons expérimentales sur une population utilisée comme cobaye.
Israël est devenu un exportateur de matériels et de savoir-faire militaire.
Il n'est pas nouveau qu'il utilise la population palestinienne à la fois comme cobaye pour tester de nouvelles armes, et comme vitrine, pour montrer en situation réelle à ses acheteurs les capacités de ses matériels.

On se souvient par exemple des expérimentations conduites à Jenine et de l'interdiction formelle édictée par les Israéliens aux organisations internationales d'aller y enquêter même des années plus tard.

Courrier d'Algérie : La donne pourra-t-elle changer une fois Barack Obama officiellement investi ?

Le régime sioniste et les États arabes pro-sionistes craignent l'évolution en cours à Washington.
Barack Obama, au départ un pur produit du mouvement sioniste, lancé en politique il y a douze ans par Abner Mikva, est parvenu à la Maison-Blanche en constituant une coalition hétéroclite qui inclut des généraux non pas anti-sionistes, mais a-sionistes.
Je pense au groupe formé par l'amiral William Fallon (ex commandant en chef du Central Command) autour du général Brent Scowcroft (exconseiller national de sécurité).

Il s'agit de militaires qui entendent revoir la politique proche orientale en fonction des seuls intérêts US et qui, tout en soutenant le principe d'un État juif sont opposés à l'expansionnisme sioniste.

Ce groupe, qui a trouvé une expression politique avec la Commission Baker- Hamilton, contrôle le département de la Défense (avec Robert Gates) ; la CIA (avec Léon Panetta) et le Conseil national de sécurité (avec l'amiral James Jones).
Les sionistes, quand à eux, contrôlent partiellement la Maison- Blanche (avec le secrétaire général Rahm Emanuel) et le département d'État (avec Hillary Clinton et son adjoint James Steinberg).


Barack Obama devrait repositionner les États-Unis de manière plus ou moins neutre pour qu'ils redeviennent un “tiers” de confiance dans la région, apte à négocier entre les uns et les autres.
Il devrait relancer le processus de la conférence de Madrid.
Il souhaite présenter un plan visant à réduire les conflits plutôt qu'à les résoudre.

Les grandes lignes en ont déjà été présentées à de nombreux leaders arabes, elles tournent autour d'une interprétation nouvelle de la « solution à deux États » : - Naturalisation des réfugiés palestiniens dans les pays où ils se trouvent et indemnisation financière de ces États ; renoncement {de facto} par les Palestiniens à leur droit pourtant inaliénable au retour.

- Création d'un État palestinien démilitarisé, avec une partie de Jérusalem comme capitale et dans les frontières de 1967 ; investissements financiers massifs pour y créer une économie viable.
- Interposition d'une force de paix de l'OTAN.

Les sionistes tentent préventivement de rendre cette proposition impossible.
Au demeurant, le plan états-unien limiterait le nombre de personnes souffrant d'une situation d'injustice mais consacrerait définitivement cette situation.



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(*)Thierry Meyssan, journaliste français, est président-fondateur du Réseau Voltaire, une association internationale qui fédère des agences de presse et des médias non-alignés en Europe, en Amérique latine et dans le monde arabe.
Il édite un site Internet d'information en huit langues.
Il préside également la conférence anti-impérialiste Axis for Peace.
Ses ouvrages sur les attentats du 11 Septembre 2001, traduits en 26 langues viennent d'être réédités en un seul ouvrage, réactualisé et annoté, et maintenant disponible à la librairie du RV Son dernier ouvrage « L'Effroyable Imposture 2 » met l'accent sur le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban Revenant sur la nature de l'État d'Israël et sa fonction dans la région, il remet en cause le rôle attribué au mouvement sioniste de Theodor Herzl et dévoile l'action déterminante des leaders politiques évangéliques, en Angleterre et aux États-Unis, pour la création d'un État juif en Palestine.
Étudiant les plans du Pentagone pour dominer cette région riche en hydrocarbures, il détaille les différentes stratégies qui ont été proposées, celle qui a été choisie pour diviser les populations et démembrer les États et l'argumentaire du terrorisme islamique qui a été inventé et mis en scène pour la justifier.
Enfin, poursuivant son enquête il montre comment les combattants du Hezbollah ont tenu en échec une armée suréquipée grâce à l'aide discrète de la France, de la Russie et de la Chine et de quelques officiers israéliens résolument antisionistes.

MERIEM ABDOU

http://www.lecourrier-dalgerie.com/papiers/lacapitale.html#2
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